«Samir, vous venez de vous engager pour deux saisons en faveur d’Orléans, est-ce un soulagement pour vous après été
prié de quitter Nîmes ?
Oui, c’est un vrai soulagement, la situation ne pouvait plus durer. Ça devenait trop compliqué, ils me faisaient un peu la misère alors que ce n’était pas mérité. C’est le football,
c’est le milieu qui veut ça, ça ne date pas d’aujourd’hui. J’avais besoin de rapidement savoir où j’allais atterrir, ça s’est concrétisé aujourd’hui (mercredi)même si
j’aurais préféré que ça se fasse encore plus tôt. Mais bon, ça aurait pu aussi se faire encore plus tard, voire pas du tout…
Savez-vous pourquoi les Crocos n’ont pas souhaité vous conserver alors que vous aviez pourtant terminé meilleur
buteur du club lors du précédent exercice, avec 11 réalisations pour votre première expérience en L2 ?
Chacun à son niveau, mais Lyon a fait la même chose avec Bafé Gomis l’été dernier et l’Olympique de Marseille fait la même chose cette année avec ses lofteurs (Amalfitano,
Kadir, Fanni,…). Le truc, c’est que les dirigeants du NO n’ont pas osé me le dire en face, je n’ai eu aucune explication de leurs parts. C’est l’entraîneur de la
réserve (Bernard Blaquart) qui est venu me voir la semaine dernière en me disant qu’il avait reçu des consignes d’en haut, et que je ne disputerai plus le moindre
match officiel en Ligue 2 avec l’équipe pro, ou en amical avec la réserve. Et ce jusqu’au prochain mercato. C’est là que j’ai vraiment compris qu’il y avait urgence. Il m’a aussi
conseillé de ne pas arriver en retard aux entraînements car la direction ne me louperait pas. Je ne pouvais pas résilier ma dernière année de contrat et partir comme ça, il fallait
attendre d’avoir quelque chose de sûr derrière. Dès que j’ai eu l’assurance de signer à Orléans, tout s’est accéléré. J’ai résilié mon bail lundi soir et je me suis engagé ce mercredi
avec mon nouveau club.
Vous partez tout de même de Nîmes avec le sentiment du devoir accompli…
Pour moi, j’ai fait ce que j’avais à faire. Je pars la tête haute, je n’ai pas à rougir de ma saison, ce n’était pas trop mal pour ma première année en L2. J’ai inscrit des buts
importants, surtout en fin de saison, je suis content d’avoir contribué au maintien de Nîmes. Je me dis également que ça aurait pu se terminer plus mal. Si j’avais dû être relégué en
CFA 2 avec la réserve, ça aurait très compliqué de rebondir en L2. J’aurais probablement dû repartir du National ou du CFA.
Malgré son statut de promu, Orléans pointe à la troisième place du Championnat après trois journées grâce à deux
victoires décrochée sur les pelouses de Sochaux (1-0, 1ère j.) et d’Auxerre (1-0, 3e j.)…
C’est important de ne pas se manquer en début de saison, surtout pour un promu. Le club a bien négocié son arrivée à ce niveau, on va voir ce que ça va donner. Gagner à Sochaux et à
Auxerre, c’est une jolie performance. L’objectif est de se maintenir et de faire une bonne saison afin de pérenniser l’équipe en L2. Il faut assurer cela le plus rapidement possible
pour jouer libéré, on ne sait jamais ce qu’il peut se passer par la suite.
Avec seulement deux buts inscrits en Championnat jusqu’à présent, un renfort offensif comme vous ne sera pas
négligeable pour le club !
Tant mieux pour moi alors ! Ils n’ont pas beaucoup marqué mais ils n’ont pris qu’un seul but aussi, la défense a l’air assez solide. Tout va très vite mais les équipes qui montent
sont généralement celles qui possèdent les meilleures défenses.
Après avoir évolué à Arles, au Pontet, à Uzès et à Nîmes, vous quittez le sud de la France pour la première fois de
votre carrière…
Tout à fait, j’espère que ce sera une bonne aventure pour moi. J’ai toujours habité Arles donc c’est vraiment la première fois que je pars de ma région. Il y aura peut-être une petite
période de coup de blues ou un truc comme ça, mais ce sera éphémère. Tout le monde y arrive, alors pourquoi pas moi ?
Vous avez reçu des offres en provenance de l’étranger, pourquoi avoir absolument tenu à rester en France
?
Comme vous le savez, je ne suis jamais parti de chez moi, je n’ai jamais bougé nulle part. Changer de pays du jour au lendemain alors que ma femme est enceinte, c’était totalement
impensable. J’avais des opportunités au Portugal et en Grèce mais je ne voulais pas prendre de risques. Même au niveau de l’exposition, si je confirme encore cette saison en mettant
une dizaine de buts, les gens vont se dire que ce n’est plus une surprise.»
Propos recueillis par Clément LACORD